L’ascension du Huayna Potosi est sans doute l’expérience d’alpinisme la plus célèbre en Bolivie. Culminant à 6 088 mètres d’altitude, il attire chaque année des centaines de voyageurs venus tenter l’ascension d’un premier sommet à plus de 6 000 mètres. Une réputation qui m’intriguait depuis longtemps.
Pendant mon séjour de deux semaines à La Paz, j’en entendais parler partout. Entre les voyageurs rencontrés dans les auberges et les agences présentes dans toute la ville, difficile de passer à côté. J’ai donc décidé de me lancer dans l’aventure.
Le Huayna Potosí est souvent présenté comme l’un des 6 000 mètres les plus accessibles au monde. Attention toutefois : accessible ne signifie pas facile. L’altitude reste bien réelle et une bonne acclimatation est indispensable. En revanche, il n’est pas nécessaire d’être un alpiniste expérimenté pour tenter l’ascension. Avec une bonne condition physique, un bon mental et un guide, le défi est à la portée de nombreux voyageurs.
Dans cet article, je vous partage ainsi le récit complet de mon ascension du Huayna Potosí, le déroulement des deux jours, mes conseils pour bien vous préparer, le matériel à prévoir ainsi que mon avis après avoir atteint le sommet… le jour même de mon anniversaire. Un souvenir que je ne suis pas près d’oublier.
L’ascension du Huayna Potosi, un 6 000 accessible
Situé dans la cordillère Royale, à seulement 1 h 30 de route de La Paz, le Huayna Potosí culmine à 6 088 mètres d’altitude. Sa proximité avec la capitale bolivienne et son itinéraire relativement peu technique en font l’un des 6 000 mètres les plus accessibles au monde.
L’ascension se déroule généralement sur deux jours (ou trois si vous voulez faire l’initiation l’escalade sur glace avant l’ascension). Le premier jour d’ascension est consacré à la montée jusqu’au refuge afin de terminer l’acclimatation et de se reposer. Le second commence en pleine nuit, avec un départ peu après minuit, pour atteindre le sommet au lever du soleil avant de redescendre au camp de base.
Pourquoi est-il considéré comme accessible ? Tout simplement parce que l’itinéraire ne présente pas de véritable difficulté technique. Vous êtes encadré par un guide, équipé de crampons, d’un piolet et d’un baudrier. Surtout, les guides imposent un rythme très lent, adapté au niveau du groupe, afin de maximiser les chances d’atteindre le sommet.
Attention cependant : accessible ne veut pas dire facile. L’altitude est la principale difficulté. À plus de 6 000 mètres, chaque pas devient exigeant. Il faut aussi composer avec une nuit très courte, plusieurs heures de marche dans le froid et un dénivelé conséquent.
En revanche, si vous êtes bien acclimaté et en bonne condition physique, le Huayna Potosí constitue une excellente première expérience à plus de 6 000 mètres. Son tarif abordable en fait également l’une des ascensions offrant le meilleur rapport qualité-prix pour découvrir l’alpinisme en haute altitude.

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Quelle formule pour faire l’ascension du Huayna Potosi ?
Pour gravir le Huayna Potosí, deux formules sont proposées par la plupart des agences : 2 jours / 1 nuit ou 3 jours / 2 nuits.
- La formule 2 jours est la plus classique. Le premier jour, vous rejoignez le camp de base, récupérez votre équipement, puis montez jusqu’au refuge d’altitude. Après quelques heures de repos, le départ est donné peu après minuit pour tenter le sommet au lever du soleil. C’est la formule que j’ai choisie, et je ne la regrette absolument pas.
- La formule 3 jours ajoute une journée supplémentaire consacrée à une initiation à l’alpinisme et à l’escalade sur glace. Vous apprenez notamment à utiliser les crampons, le piolet et à évoluer sur une paroi de glace. C’est une bonne option si vous souhaitez découvrir les bases de l’alpinisme ou vivre une expérience plus complète.
Si votre objectif est avant tout d’atteindre le sommet, je pense que la formule 2 jours est donc largement suffisante. L’itinéraire n’étant pas très technique, cette journée supplémentaire n’est pas indispensable. Vous économisez également une journée de voyage et le prix est plus intéressant.
Je vous conseillerais donc la formule 3 jours uniquement si l’initiation à l’escalade sur glace vous attire vraiment. Dans tous les autres cas, la version 2 jours me semble offrir le meilleur compromis entre durée, budget et expérience.
Le récit de mon ascension du Huayna Potosi
Passons désormais au récit de mon ascension du Huayna Potosi sur 2 jours. Je suis parti avec 3 québecois rencontrés durant la voyage, et ce fût une expérience vraiment inoubliable. Il s’agit de cette excursion de 2 jours au Huayna Potosi.
Jour 1 : récupération du matériel, route vers le camp de base et montée au refuge
L’aventure commence le matin. Les guides viennent nous récupérer directement à notre auberge de La Paz avant de rejoindre leur agence. Sur place, chacun essaye le matériel fourni : chaussures d’alpinisme, pantalon, veste, gants, baudrier, casque, crampons, piolet… Tout est vérifié avant le départ.

Nous faisons ensuite un arrêt à El Alto pour acheter les derniers indispensables : de l’eau, quelques snacks et de quoi grignoter pendant l’ascension. Puis, direction la cordillère Royale. Après environ 1 h 30 de route, nous arrivons au point de départ, ça y est !
Il est alors temps de charger les sacs et de commencer la marche vers le refuge d’altitude. L’ascension dure environ 3 heures. La météo n’est malheureusement pas de notre côté. Le ciel est gris et quelques averses nous accompagnent. Malgré tout, l’excitation prend largement le dessus. Après en avoir tant entendu parler, je suis enfin en train de vivre l’ascension du Huayna Potosi.

Les sensations sont en revanche assez mitigées. L’altitude commence déjà à se faire sentir, même si le poids du sac n’aide clairement pas. Et le fait d’avoir gardé mes chaussures de running plutôt que de mettre les chaussures de rando fournies n’était pas la meilleure des idées. Le rythme reste lent et les guides prennent le temps de faire plusieurs pauses, c’est tranquille.
En fin d’après-midi, nous arrivons enfin au refuge. Nous déposons nos affaires, découvrons les lieux et profitons d’une éclaircie bienvenue. Les nuages se dissipent peu à peu et les premiers sommets apparaissent. De quoi faire monter encore un peu plus l’impatience avant le grand départ prévu… quelques heures plus tard.

La « nuit » au refuge
Une fois arrivés au refuge, nous prenons le temps de souffler et de profiter des paysages. Le ciel s’est finalement dégagé et la vue sur les sommets environnants est magnifique. L’ambiance est calme. Chacun commence à se concentrer sur ce qui l’attend dans quelques heures.
Vers 18 h, place au dîner. Rien d’exceptionnel, mais largement suffisant avant une ascension : une soupe, un plat chaud et un dessert. De quoi refaire le plein d’énergie.
Les guides enchaînent ensuite avec un briefing très complet. Heure de réveil, déroulement de l’ascension du Huayna Potosi, rythme de progression, matériel à emporter, consignes de sécurité, risques liés à l’altitude… C’est aussi le moment durant lequel on décide des cordées, qui seront de 3 ou 4 avec le guide. Les explications sont très sérieuses. Forcément, cela met une petite pression. Mais une pression positive, qui donne surtout envie de vivre cette aventure dans les meilleures conditions.
Vers 19 h, tout le monde rejoint son lit. Enfin… essaie de dormir. Entre l’excitation, l’altitude et l’heure inhabituelle, le sommeil est compliqué. Je pense avoir réussi à dormir une ou deux heures au total. Finalement, ce n’est pas si grave : lorsque le réveil sonne à minuit, je suis déjà réveillé depuis un moment.
Un petit-déjeuner rapide, les dernières couches de vêtements, le matériel sur le dos… et il est déjà temps de partir dans la nuit, en direction du sommet.

Jour 2 : ascension de nuit, lever de soleil au sommet et retour à La Paz
Après un réveil à minuit et un rapide petit-déjeuner, nous quittons le refuge vers 1 h du matin. Très vite, nous nous retrouvons plongés dans l’obscurité. Seules les lumières des frontales éclairent le chemin. On entend uniquement le bruit des crampons qui accrochent la neige et notre respiration. L’atmosphère est incroyable.
Le rythme est volontairement très lent. Les guides s’adaptent à chaque cordée et multiplient les pauses. Finalement, l’ascension me paraît presque « facile ». Je me sens bien, je n’ai pas de mal de tête, tout va bien.
Au cours de la montée, nous franchissons un court passage un peu plus raide où il faut utiliser le piolet. Rien de vraiment technique pour autant, juste un passage un peu plus incliné qui demande un peu plus de concentration.
Les heures défilent. Chaque cordée avance à son rythme. Puis arrive la dernière pente. Les jambes commencent à tirer, mais le sommet est tout proche. Quelques derniers pas… et nous y sommes.
La vue est tout simplement incroyable. Je retrouve mes trois amis québécois, partis avec une autre cordée. Nous nous félicitons, avant qu’ils ne me souhaitent… un joyeux anniversaire. Fêter mes 29 ans à plus de 6 000 mètres d’altitude, au lever du soleil, restera sans doute l’un des moments les plus marquants du voyage.

Après quelques photos et de longues minutes à profiter du panorama, il est temps de redescendre. Nous repassons rapidement par le refuge pour récupérer nos affaires et prendre un petit déjeuner. Puis, on descend jusqu’au camp de base où nous mangeons une empanada très moyenne.
Seul petit bémol de ces deux jours : l’attente, assez longue, du véhicule chargé de nous ramener à La Paz. Avec du recul, un détail finalement pas si important après une telle aventure.

Conseils pratiques pour l’ascension du Huayna Potosi
Après ce récit, passons maintenant à la partie conseils pratiques. Je vous partage ici les infos qui me semblent pertinentes si vous envisagez de faire l’ascension du Huayna Potosi.
Que faut-il emporter pour l’ascension ?
Bonne nouvelle, la plupart des agences fournissent tout le matériel technique nécessaire. Vous n’aurez donc pas besoin d’investir dans un équipement spécifique.
Vous recevrez généralement des chaussures d’alpinisme, crampons, piolet, casque, baudrier, guêtres, gants, veste et pantalon imperméables, doudoune, sac de couchage ainsi qu’une lampe frontale.
En revanche, certains équipements restent à prévoir de votre côté.
Commencez par une bonne paire de chaussettes épaisses, idéale pour limiter les frottements et garder les pieds au chaud. Prévoyez également un sous-pantalon thermique, très appréciable pendant l’ascension de nuit.
Pour le haut du corps, privilégiez la technique de l’oignon : un sous-vêtement respirant, une polaire, puis une couche chaude. La veste extérieure est souvent fournie par l’agence, mais vérifiez ce point avant votre départ.
N’oubliez pas non plus un cache-cou, un bonnet, des lunettes de soleil et de la crème solaire. Le rayonnement est particulièrement fort en altitude, même lorsqu’il fait froid.
Côté hydratation, prévoyez au moins 3 litres d’eau pour les deux jours. L’altitude favorise la déshydratation et il est essentiel de boire régulièrement, même sans sensation de soif.
Enfin, emportez quelques snacks énergétiques (barres de céréales, fruits secs, gels…) ainsi que du paracétamol. Il peut être utile en cas de mal de tête lié à l’altitude, même si la meilleure solution reste de ralentir le rythme et de bien s’hydrater. Pensez également à prendre votre appareil photo pour immortaliser le lever du soleil au sommet.
Lire aussi : Que faire à La Paz, mes 14 incontournables
Est-ce vraiment difficile ?
L’ascension du Huayna Potosí est souvent présentée comme l’un des sommets de plus de 6 000 mètres les plus accessibles au monde. Pourtant, il ne faut pas la sous-estimer. La principale difficulté n’est pas la technicité, mais l’altitude.
Avant de tenter l’ascension, je vous conseille de passer au moins 3 à 4 jours à La Paz (3 600 m) afin de bien vous acclimater. Vous pouvez également en profiter pour réaliser quelques randonnées en altitude. Une bonne acclimatation augmente considérablement vos chances d’atteindre le sommet.
Pendant la montée, le rythme est volontairement très lent. Les guides adaptent l’allure au groupe et prévoient des pauses régulières. Techniquement, le parcours reste relativement simple. En dehors d’un court passage où il faut utiliser son piolet (sans réelle difficulté), il ne demande pas d’expérience préalable en alpinisme.
En revanche, durant l’ascension finale, chaque pas se fait au-dessus de 5 000 mètres. Le manque d’oxygène se fait donc vraiment sentir et le moindre effort devient plus exigeant.
Si vous êtes en bonne condition physique, correctement acclimaté et que vous respectez le rythme imposé par le guide, l’ascension reste tout à fait envisageable. La difficulté est davantage une question de gestion de l’effort et de l’altitude que de niveau technique.

Infos pratiques en vrac
Voici maintenant quelques infos en vrac pour réussir votre ascension du Huayna Potosi :
- Dénivelé : environ 550 m de dénivelé positif le premier jour jusqu’au refuge, puis 900 m supplémentaires le jour du sommet, soit près de 1 450 m au total.
- Meilleure période : privilégiez la saison sèche, de mai à septembre, lorsque les conditions sont les plus favorables.
- Repas : les repas sont inclus (dîner et petit-déjeuner). Prévoyez malgré tout quelques snacks énergétiques.
- Cordées : comptez 3 participants maximum par guide, un excellent ratio pour une ascension plus sécurisée.
- Confort : le refuge est très basique. Il n’y a généralement pas de douche, alors prévoyez le strict nécessaire.
- Altitude : si votre médecin vous a prescrit un traitement préventif contre le mal aigu des montagnes (MAM), commencez-le avant l’apparition des symptômes, selon ses recommandations.
- Pensez également à boire au moins 3 litres d’eau pendant l’ascension.
- Assurance : vérifiez que votre assurance couvre bien les ascensions. Durant mon voyage, j’étais personnellement assuré avec Chapka, qui propose des garanties adaptées à ce type d’activité.
- Réservation : si vous souhaitez réserver à l’avance, je vous recommande cette excursion de 2 jours au Huayna Potosi, qui est très bien notée où vous suivrez le même programme que dans ce récit.
Avec une bonne acclimatation, un rythme régulier et une météo favorable, vous mettrez toutes les chances de votre côté pour atteindre le sommet et vivre une expérience inoubliable.
Tous mes bons plans pour un voyage en Bolivie
Vous êtes prêts à visiter La Paz. Il ne me reste simplement qu’à vous donner mes bons plans d’une manière plus globale, pour votre voyage en Bolivie.
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- Réservation d’excursions : GetYourGuide
Mon avis final sur l’ascension du Huayna Potosi
L’ascension du Huayna Potosí restera sans aucun doute l’un des plus beaux souvenirs de mon voyage en Amérique du Sud. Entre la montée de nuit, le silence du glacier, le lever du soleil au sommet et les panoramas sur la cordillère Royale, l’expérience est tout simplement inoubliable.
Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, je ne l’ai pas trouvée aussi difficile que prévu. Avec une bonne acclimatation à La Paz, une condition physique correcte et un rythme régulier, l’objectif est tout à fait accessible. La seule vraie difficulté reste l’altitude.
Le seul petit point négatif concerne le retour. Une fois redescendu au camp de base, il faut souvent patienter un moment avant le départ du véhicule vers La Paz, ce qui peut sembler un peu long après l’effort.
Il s’agissait de mon troisième sommet de plus de 6 000 mètres en Bolivie, après le Parinacota et l’Acotango. Le Huayna Potosí est de loin le plus connu, et je comprends parfaitement pourquoi. Certes, son ascension est devenue assez touristique, mais cela n’enlève rien à son caractère exceptionnel. C’est une formidable porte d’entrée vers l’alpinisme et une excellente occasion de découvrir les sensations de la haute altitude.
Si vous passez quelques jours à La Paz et que l’idée de gravir un 6 000 mètres vous fait rêver, je ne peux que vous recommander de tenter l’aventure. Pour moi, cela a été une expérience aussi marquante qu’enrichissante, avant de poursuivre mon voyage à travers les magnifiques paysages de la Bolivie.



